Madamde la Ministre de l’enseignement supérieur. 3


Cher madame Vidal,

Je me permet de vous contacter et de vous solliciter par rapport à l’injustice de la première année de médecine.

Mais tout d’abord je me présente. Je m’appelle Laura, j’ai tout juste 26 ans, j’habite dans le sud de la France, plus précisément à Pernes les Fontaines, un joli village du Vaucluse.
Je suis maman de 4 enfants, le plus grands ayant bientôt 5 ans, le plus petit ayant seulement 4 mois.

On ne peut pas dire que de la primaire au collège je fus une bonne élève, si j’avais 10 de moyenne générale, cela relevait presque de l’exploit. J’ai redoublée la Classe préparatoire à cause d’un accident de voiture où j’ai été grièvement blessée, les médecins et professeurs de la Timone me surnommaient « le miracle de Pâques », aujourd’hui mon visage gardera à jamais ces cicatrices qui me font terriblement souffrir moralement.

Arrivée en 3eme, mon professeur principal ne voulait pas que je fasse le BEP carrière sanitaire et sociale que j’avais choisi comme orientation et voulait m’envoyer dans un CAP bio-service (qui débouchait à l’époque comme serveur ou encore femme de ménage). Je ne l’ai pas écouté, j’ai passée mon BEP CSS au lycée Jean Baptiste Dumas (Alès), il a du admettre qu’il s’était trompé car je fus parmi les meilleurs de ma promo.
J’ai ensuite fait le choix de continuer et de passer le BAC ST2S. C’était le seul BAC auquel je pouvais prétendre dans ce domaine venant d’une filière professionnelle.
Je me suis régalée, tant socialement que par l’apprentissages des matières que j’avais. En première, j’étais à nouveau dans les premiers, notamment dans les matières scientifiques telles que la biologie ou la chimie (mais surtout la biologie).

Puis avec mon compagnon, le père de nos 4 enfants, avec qui je partage bientôt 10 ans d’amour, nous avons décidé de se mettre en ménage. (Ou du moins que j’aille habiter chez sa mère).
J’ai quitté mes belles Cévennes, pour aller du côté de Lyon. Autant dire que se fut un énorme bouleversement. La première fois où j’ai pris le métro sans être accompagné, je l’ai pris dans le mauvais sens ……..
J’ai donc fait la terminale de mon BAC au Lycée La Martinière Duchère à Lyon. Je ne m’attendais pas à ce que cette année soit rude. C’était une année cruciale étant donnée qu’il y avait le BAC à passer à la fin de l’année. Du jour au lendemain, ma belle mère m’a mis à la porte (au sens propre du terme), un soir, il était 22h, un 12 octobre. Nous avons donc eu notre premier appartement mon compagnon et moi. Mais j’ai enchaînée gastrite sur gastrite, j’ai beaucoup manqué les cours.
Puis mon passé a refait surface, des souvenirs enfouis dans ma tête ont jaillis alors que je m’en serais bien passé. Je me suis souvenu comme si c’était hier, de l’inceste que j’ai vécu avec une grande tante, des attouchements de son compagnon de l’époque « Gilles » à mon égard… J’ai quitté Lyon quelques semaines, donc le lycée aussi, pour retourner dans ma famille, pour aller déposer plainte (dossier sans suite et clos faute de preuves).
Puis encore ce passé qui me tombe dessus, lorsque j’ai eu cet accident de voiture, des débris de verre sont restés sous ma peau pendant 13 ans, je pouvais les sentir en touchant mon front. Cela commencait à me provoquer de fortes douleurs, en attendant de me faire opérer, j’ai eu un traitement qui m’endormait alors que j’étais en cours.
Je me suis faite opérer en mars, le BAC était en juin…
Malgré tout ça, j’ai persévérée (même si je séchais, je l’avoue, les cours de philosophie). J’avais 15 de moyenne en biologie et en physique chimie.
Mon BAC, je l’ai eu, je n’ai pourtant pas révisé une seule fois, j’ai eu un tout petit 10 de moyenne. Mais sans avoir révisé, j’ai eu 13 en biologie et en physique chimie, avec la lourde année que je venais de vivre.

Puis nous avons décidé d’avoir notre premier enfant. J’ai pris goût à la grossesse. La maternité et la procréation était déjà quelques choses qui m’attiraient avant, mais ce rêve d’être sage femme était impensable pour moi face à cette première année de médecine.
Pourtant je suis véritablement passionné par la maïeutique. Je me suis énormément renseigné et documenté pendant ma première grossesse. J’ai aussi beaucoup discuté avec des sages femmes et gynécologues pour apprendre d’avantage.

Puis j’ai vécu mon premier accouchement, je savais que j’allais souffrir, mais j’étais extrêmement sereine et excitée de vivre cette événement. Quand j’ai vu cette sage femme, le temps qu’elle me consacrait, à m’expliquer comment ça aller se passer, m’aider à soulager ces contractions, sa gentillesse. Je savais alors que c’était ça ma vocation, je voulais faire pareil, être au service des futures mamans, être présente avec elle dans cette aventure qu’est la maternité.
Outre la grossesse et l’accouchement, il y a aussi la procréation. Je trouve ça fantastique de voir que deux micro noyaux, deux minuscules cellules vont être à l’origine d’un bébé. C’est un miracle extraordinaire et c’est une vraie passion pour moi.

Puis, nous avons eu notre deuxième enfant. N’espérant pas pouvoir un jour devenir sage femme, je suis entrée dans une prépa privée pour me préparer au concours de Manipulateur en électroradologie, mais je n’avais pas le goût d’appendre, ce n’est pas ça que je voulais pour mon avenir. Et durant cette année de préparation, je suis tombée enceinte de notre 3eme enfant, une surprise qui nous avons accueillis avec bonheur (même si monsieur à eu du mal à avaler la pilule les premières semaines).
Nous avons par la suite déménagé dans le Vaucluse pour se rapprocher de ma famille.

Et LA ! J’ai eu le déclic ! Je veux être sage femme et rien d’autre car je sais que je ne serais épanoui professionnellement que dans CE métier et pas un autre.
Je me suis inscrite à la faculté de médecine de Montpellier, plus précisément à l’antenne de Nîmes car c’est la plus proche de chez moi.
J’ai commencée mes cours avec joie, même si c’étais compliqué. Et là BOUM !! 3 jours seulement après la rentrée, je me retrouve décomposée sur un banc de la fac avec dans les mains, un test de grossesse positif, voilà un petit 4eme qui s’était invité malgré le contraceptif. Mais j’ai voulu continuer et ne rien lâcher. Malheureusement la nature en a décidée autrement. C’était une grossesse à risque. J’avais déjà raté mes premières partiels à cause des fameuses nausées de la grossesse, qui pour moi ne sont pas que matinales et surtout qui ne sont pas que des nausées. Je me suis retrouvé hospitalisé pour menace d’accouchement prématuré puis alitée chez moi.

Aujourd’hui j’ai redoublée cette première année de médecine, car c’est ce que je veux faire, c’est MA vocation Je travail dur tout en étant aussi maman de 4 enfants.
Mais cette première année de médecine est terriblement injuste !!
Beaucoup d’étudiants, presque la moitié dans ma fac, s’inscrivent au 4 concours histoire d’avoir peut être la possibilité d’avoir une roue de secours s’ils ne sont pas pris en médecine. Ce qui veut dire qu’ils vont prendre la place de ceux qui désirent réellement une filière, et notamment Maïeutique !
La sage femme qui me suivait pendant ma dernière grossesse me disait que dans sa promo (fac de Montpellier antenne de Nîmes comme pour moi), seulement 4 sur 30 étudiants sages femmes étaient la par un VRAI désir de devenir sage femme. Et je peux vous dire que de tomber sur des sages femmes qui font ce métier sans que cela est était un choix pour elles, c’est extrêmement désagréable quand nous sommes patientes.

Trouvez vous ça juste ? Ne croyez vous pas qu’il y a un problème dans ce système ?

Mais aussi, pourquoi infliger ce bourrage de crâne alors qu’il y a quelques dizaines d’années, il suffisait simplement de s’inscrire dans une école de sage femme pour devenir sage femme et être une bonne sage femme ?!
Quand on regarde la Belgique ou la Suisse, le travail qu’elles font, elles sont tout aussi compétentes que celles qui ont fait leurs études en France pourtant il n’y a pas de PACES dans ces pays.

J’ai des connaissance, mes grossesses m’ont appris. Je sais différencier un col fermé d’un col ouvert, ou encore la texture de ce dernier alors que des internes ne savent même pas le reconnaître, mais également reconnaître une poche des eaux bombante donc prête à se fissurer ou à se rompre et encore bien d’autres. Je sais aussi interpréter des échographies pour connaitre le sexe d’un bébé grâce à l’échographie du premier trimestre, je reçois une multitude de mails de futurs parents me demandant mon avis. Mais outre la notoriété, je veux pouvoir en vivre !
Vous me direz qu’il fallait attendre avant d’avoir des enfants pour pouvoir étudier. Sauf que ce sont ces grossesses qui m’ont données le déclic et surtout la motivation d’entreprendre ces études.

Cette PACES pour pouvoir devenir sage femme est une grossière erreur et je suis loin d’être la seule à le penser. Et elle est d’autant plus discriminatoire pour nous mamans, car elle empêche à des femmes pour qui c’est un réelle souhait mais aussi un rêve d’exercer un jour cette profession à moins de s’exiler en Belgique ou en Suisse. Et pourtant ce sont des femmes passionnées tout autant que moi je le suis.

La PACES est injuste !

Madame la ministre de l’enseignement supérieur, je vous pris d’agréer mes plus sincères salutations en espérant que vous tiendrez compte de cet appel.

Melle M. Laura


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