Elle a volée mon accouchement

Il y a 3 ans et demi, j’étais encore enceinte de mon Mini Little, notre petit troisième. Pour cet accouchement, je le voulais le plus naturel possible, sans péridurale, pouvoir être pour une fois totalement actrice de mon accouchement. C’était sans m’imaginer que lors du grand jour, elle allait voler mon accouchement…

Je n’avais encore jamais entendu parler des violences obstétricales à ce moment là. Pour moi quand j’ai écrit le récit de mon accouchement sur ce blog, malgré toute la souffrance que j’avais vécu, qu’on m’avait infligée et imposée, c’était un bon souvenir, car j’avais réussi à accoucher sans péridurale.

Pourtant, il n’y avait rien de naturel, rien de physiologique, j’étais loin d’être l’actrice de mon accouchement, bien que c’était moi sur ce lit d’accouchement et que mon bébé et moi allions parfaitement bien !

Puis, j’ai commencée à entendre parler des violences obstétricales dans les médias. Je commence à me demander comment est-ce possible de vivre ça ? Comment peut-on qualifier un touché vaginal de violence obstétricale ?

Les violences obstétricales se définissent par tout acte, posture ou intervention non appropriée ou non consentie par la femme.

Au plus je lisais de témoignages sur ces violences, au plus j’ai pris du recul sur mon accouchement… Ce n’est pas normal ce que j’ai vécu, jamais cette sage femme n’aurait du me faire vivre ça !

C’est lors de ma 4eme grossesse, que j’ai réalisé, quand je rédigeais mon projet de naissance, pour ne pas avoir à revivre toute cette souffrance, qui n’était absolument pas justifiée…

Mon cauchemar

Lors de ce 3eme accouchement, j’ai eu quasiment une semaine de faux (pré) travail. J’étais tout les soirs à la maternité. Tout les soirs j’arrivais avec des contractions très régulières, toutes les 10 minutes, qui ne passaient ni avec les douches ni les spasfon.

Même les sages femmes pensaient à chaque fois que c’était « la bonne » …

Puis le 14 octobre, je suis la SEULE patiente et je rencontre celle qui va faire de mon accouchement, un vrai cauchemar !

En arrivant à la maternité, c’est l’interne qui m’a accueilli et m’a posée le monitoring vers minuit (mes contractions étaient à ce moment là devenues très irrégulières…). A 2h du matin, la sage femme arrive. Je découvre alors une personne très froide, très sèche, qui me prend de haut…. J’avais l’impression de gâcher sa tranquille garde de nuit… Les violences commencent des cet instant là !

Elle soulève le drap qui était posé sur mes jambes, me dit qu’elle va examiner mon col de manière très froide et me colle brusquement ses doigts dans mon vagin !

« Vous êtes à 3-4 cm, mais au vu de vos contractions ce n’est pas encore vraiment le travail, je repasse dans une heure, car je vois que vous soufflez pendant les contractions, c’est qu’elles doivent vous faire mal »

Dans ma tête, je comprends que je vais être suivi par une sage femme aussi aimable qu’une porte de prison. Pendant une semaine je n’ai eu que des amours et le soir où je vais certainement accoucher, il faut que ce soit une sage femme comme elle …

A 3h elle revient, les contractions sont revenues à toutes les 10 minutes. De la même manière que le premier, elle me refait un touché, je suis alors à 5cm. Elle me passe en salle de naissance et je lui dis que j’aimerai ne pas avoir de péridurale.

Sans comprendre pourquoi, seulement 30 minutes après le dernier elle me fait un autre touché. Je suis à 6 cm, la poche des eaux se rompt alors. J’ai droit à un double touché car l’interne passe juste derrière pour en faire un aussi. Je me demande encore souvent si ce n’est pas elle (la sage-femme) qui a provoquée cette rupture. Juste après les contractions passent d’un coup à toutes les 2 minutes, je n’ai que 30 secondes pour reprendre mon souffle à chaque fois, c’est très difficile à les gérer !

Je dois rester sur le lit… J’accouche sans péri, mais je ne peux pas bouger ! Je me suis alors mise en tailleurs. Elle vient me voir et me disant toujours sur un ton hautin que non, je ne dois pas me mettre de cette manière car ça bloque la descente du bébé, je suis alors contrainte de m’allonger sur le côté avec une jambe sur un étrier. Sauf que dans cette position je ne gère absolument plus rien !

3h45, soit 1/4 après le dernier touché, elle revient pour me refaire un touché ! Je vis à ce moment là une vraie descente aux enfer ! Au lieu de me laisser sur le coté pour me le faire, elle me fait me mettre sur le dos. C’est impossible, les contractions me font terriblement mal, mon bassin me fait souffrir le martyr pour passer du côté au dos. J’ai beau lui dire mais non, je dois me mettre sur le dos pour faire ce touché ! J’en profite pour demander la péri car je ne tiens plus, elle me répond que ce n’est pas possible car je suis dilaté à 9 …

Lors de son touché, elle ne m’a même pas demandée si elle pouvait le faire, elle n’a pas chercher non plus une seule seconde à savoir si j’avais une contraction, évidement elle me l’a fait pendant une de ces contractions insoutenables. Déjà que je souffrais de la douleur de la contraction, je souffrais aussi de la sentir me trifouiller le col !

Une fois le touché fini, je dois me remettre sur le côté, je me revois encore pleurer de se changement de position, en pleine contraction, le bassin qui me fait toujours autant mal…

L’interne n’étant pas présente lors du précédent touché, elles sont revenues toutes les deux 5 minutes plus tard. Et rebelote, au lieu de me laisser sur le côté, non je dois me remettre sur le dos, en disant que je n’en peux plus, que je ne veux pas, que j’ai bien trop mal. Mais non, ni l’interne ni la sage femme ne prend en considération ma douleur, ni mon ressenti, ni tout ce que je dis tout court !

Outre le fait de me sortir que je suis à 7, puis la sage-femme dire que non non je suis bien à 9, je dois à nouveau me mettre sur le côté. Très sincèrement je n’en peux plus !

C’est 4h10, je sens que ça pousse, Chéri va chercher la sage-femme. Et encore une fois, il faut me remettre sur le dos, sauf que bébé est bien descendu et là clairement c’est pas possible pour moi de me mettre sur le dos, je souffre trop, je veux rester sur le côté, je ne veux pas me remettre sur le dos car j’ai trop mal de faire ce changement de position mais aussi de rester sur le dos, en position gynécologique !

Du coup c’est la sage femme, l’interne et Chéri (à la demande de la sage femme) qui me mettent sur le dos ….

I – N – S – O – U – T – E – N – A – B – L – E !!!!

Elle me fait un nouveau touché, l’interne en fait un aussi dans la foulée, encore et encore de la douleur. Le temps de s’installer, la sage-femme me demande de ne pas pousser, mais là clairement, j’en ai strictement rien à cirer, j’a envie de pousser, je me mets dans ma bulle et je pousse !

Je sens la tête de mon bébé arriver, comme une immense brûlure… Je sens la sage femme et l’interne, une de chaque côté de ma vulve, à l’écarter avec leur doigts. Surement pour éviter la déchirure ? Je leur demande d’arrêter, je dis « Stop, arrêtez » à plusieurs reprise, elles me font terriblement mal, personne ne m’écoute …

Heureusement que Chéri est là pour m’encourager !

En réalité, le seul bon souvenir que j’ai gardé de cet accouchement, c’est quand j’ai enfin eu mon fils sur moi, ce qui sonnait la fin de ces souffrances à 4h25 !

Ce n’est pas normal

Je te le disais donc, c’est quand je rédigeais le projet de naissance de mon 4eme que je me suis rendu compte que ce que j’ai vécu, étaient des violences obstétricales. J’en ai parlé à ma sage femme, elle m’a dit que tout cela n’aurait jamais dû arriver ! Quand je lui ai dit le nom de cette sage femme, elle n’a pas était étonnée …. Apparemment elle a cette réputation, pourtant elle continue de faire des accouchements …

Sur conseil de ma sage femme, j’ai pris rendez-vous avec une des deux cadres sages-femmes de la maternité pour faire valider mon projet de naissance. C’est avec celle que je connais, une copine de ma mère. Je lui parle de l’accouchement de mon 3eme.

Elle n’en revenait pas…. Jamais ça n’aurait dû se passer comme ça ! Jamais je n’aurai du avoir tout ces touchés, jamais je n’aurai du avoir des doubles touchés sur un accouchements sans péri ! Jamais je n’aurai du faire tout ces changements de position ! Jamais on aurait du m’imposer de rester sur un lit, puis m’imposer une position sans bouger sur un accouchement sans péri, sans jamais prendre en considération mes besoins, ma douleur ! Elle m’a assurée que je n’aurai pas cette sage-femme lors de mon 4eme accouchement.

Je n’ai pas été actrice de mon accouchement ! C’est moi qui ai accouché, pourtant cette sage femme m’a volée mon accouchement !

Récemment, j’ai lu l’interview d’une sage-femme qui en gros, explique que la plupart de ces violences obstétricales qui ont lieux en maternité, sont la conséquence d’un manque de personnel, mais aussi des pressions qu’il était possible de recevoir de leurs supérieurs.

En tant que patiente, je ne suis absolument pas d’accord avec cette théorie !!!

J’ai connu le cas de figure où j’étais la SEULE femme à accoucher en pleine nuit et subir ces violences ! Une sage femme, une interne pour une femme, pas de problème de nombre …

J’ai également connu le cas de figure où nous étions 3 à accoucher, sans parler des urgences qui devaient être gérer par UNE SEULE sage femme, dans la même maternité ! C’était pour mon 4eme. Une personne d’une extrême gentillesse. Une femme qui a su parfaitement gérer son travail, qui savait être là, prendre le temps de parler, d’écouter, de conseiller, et même de plaisanter quand elle avait un petit moment.

Quand je compare, non je suis désolée ça n’a rien avoir avec le manque de personnel ou la pression hiérarchique ! Simplement qu’il y a des personnes qui aiment faire leur travail et qui n’oublies pas que leur travail est d’accompagner des femmes dans les moments les plus intimes de leur vie que ce soit la mise au monde de leur bébé ou leur suivi gynécologique !

Je suis parfaitement consciente qu’il y a en effet un manque de sages-femmes et gynécologues en France, mais ça ne doit pas nous impacter, nous les femmes qui sont entre leurs mains et risquer de nous laisser des traumatismes plus ou moins importants !

Tu as le droit de refuser un soignant ! Cela fait parti des droits fondamentaux des droits du patient, comme être soigné dans le respect et la dignité !

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